• ÉVÉNEMENTS


    • le16 mai 2012 - le 20 mai 2012
      John Saul assiste à la réunion de le Comité des écrivains pour la paix du PEN (Bled, Slovénie)
    • le10 mai 2012 - le 11 mai 2012
      John Saul assiste à la réunion annuelle de l assemblée générale du ICORN (Stockholm, Suède)
    • le8 mai 2012 - le 10 mai 2012
      John Saul assiste à la première réunion du réseau des Balkans (Belgrade, Serbie)
    • le16 avril 2012 - le 18 avril 2012
      John Saul assiste à la Foire du livre de Londres 2012
    • le16 avril 2012
      John Saul assiste à le petit déjeuner du président à la Foire du livre de Londres 2012
    • le11 avril 2012
      John Saul visite le bureau du PEN International à Londres
    • le7 mars 2012 - le 10 mars 2012
      Réunion avec Afar Speaking PEN à Djibouti
    • le24 février 2012 - le 6 mars 2012
      Réunion avec la centre PEN éthiopien et participation à leur première assemblée générale annuelle
    • le17 février 2012 - le 19 février 2012
      Réunion avec Centre PEN coréen à Séoul
    • le25 janvier 2012 - le 31 janvier 2012
      John Ralston Saul dirige une délégation du PEN International à Mexico
    • le28 novembre 2011décembre 2011
      John Saul participe dans la Forum nordique sur la liberté d expression (Stockholm, Suède)
    • le20 novembre 2011 - le 27 novembre 2011
      John Saul assiste à la réunion de le PEN African Network (PEN) à Dakar, Sénégal
    • le17 novembre 2011
      Réunion avec la Centre PEN Sierra Leone
    • le13 octobre 2011
      John Saul assiste à la conférence de presse du centre PEN Allemand à la Foire du livre de Francfort
    • le12 octobre 2011
      Présentation de le Cercle des Éditeurs de PEN International à la Foire du livre de Francfort
    • le16 septembre 2011
      JRS assiste à l ouverture du festival littéraire, "Free the Word!" (Belgrade, Serbie)
    • le13 septembre 2011
      JRS prononce le discours d ouverture du 77e congrès du PEN International (Belgrade, Serbie)
    • le12 septembre 2011 - le 18 septembre 2011
      Le 77e Congrès du PEN International (Belgrade, Serbie)
    • le12 septembre 2011
      Soirée littéraire avec JRS, présentant "Mort de la globalisation" (Belgrade, Serbie)
    • le5 septembre 2011 - le 8 septembre 2011
      Réunion avec PEN Tunisie et des écrivains tunisiens (Tunis, Tunisie)
    • le23 juin 2011
      Réunion avec Thorbjørn Jagland, secrétaire général du Conseil de l Europe
    • le8 juin 2011
      Réunion avec le Centre PEN Suèdois (Stockholm, Suède)
    • le6 juin 2011
      Discours: "The E-Book Economy" à FOCUS 2011 (15h00, Villa Reale di Monza, Monza, Italie)
    • le4 juin 2011
      Réunion avec PEN Club Italia (Milan, Italie)
    • le12 mai 2011 - le 13 mai 2011
      John Saul assiste la réunion du Comité de les Droits Linguistiques et de Traduction, Girona, Espange
    • le11 mai 2011
      Discours: "Censorship for Sale", à Oslo Freedom Forum (09h15, Théâtre Christiania, Oslo, Norvège)
    • le9 mai 2011 - le 11 mai 2011
      John Ralston Saul assiste à Oslo Freedom Forum à Oslo, Norvège
    • le4 mai 2011 - le 8 mai 2011
      John Ralston Saul assiste la réunion du Comité de la Paix de PEN International à Bled, Slovénie
    • le25 avril 2011avril 2011
      John Ralston Saul participe au festival PEN World Voices 2011 (New York)
    • le6 avril 2011 - le 10 avril 2011
      John Ralston Saul assiste le Festival "Free the Word! 2011: Translating Power" de PEN anglais
    • le24 mars 2011 - le 27 mars 2011
      John Ralston Saul assiste à la réunion WIPC à Bruxelles
    • le24 mars 2011 - le 24 mars 2011
      John Saul assiste réunions à Bruxelles avec commissaires européens László Andor et Viviane Reding
    • le21 mars 2011 - le 22 mars 2011
      John Ralston Saul se réunit avec le personnel du PEN International à Londres
    • le10 février 2011
      John Ralston Saul se réunit avec le Centre PEN American Center à New York City
    • le13 2011 - le 14 2011
      John Saul assiste la réunion des droits linguistiques et de traduction de PEN en Girona, Espanhe
    • le10 décembre 2010
      La cérémonie de remise du Prix Nobel de la Paix pour Liu Xiaobo (Oslo, Norvège)
    • le10 décembre 2010
      John Ralston Saul participe au séminaire organisé par le PEN International et Amnesty (Oslo)
    • le6 décembre 2010
      John Ralston Saul rencontre Mme Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO (Paris).
    • ledécembre 2010 - le 3 décembre 2010
      Participe à conférence The African Writer and the Challenges of the Times (Caire, Égypte)
    • le30 novembre 2010
      Rencontre avec Amr Moussa, le secrétaire général de la Ligue arabe (Caire, Égypte)
    • le8 novembre 2010 - le 11 octobre 2010
      Réunion avec le bureau international du PEN (Londres)
    • le8 octobre 2010
      Réunion avec le Maire du Reykjavik, Jón Gnarr (Reykjavik, Islande)
    • le7 octobre 2010
      Réunion avec le Président d'Islande, Ólafur Ragnar Grímsson (Reykjavik, Islande)
    • le7 octobre 2010
      Réunion avec le Centre PEN Islandais (Reykjavik, Islande)
    • le26 septembre 2010octobre 2010
      Le 76e Congrès du PEN International
    • le30 avril 2010
      Japanese PEN - PEN Canada Event (Toronto)
    • le8 mars 2010
      Paris (PEN club français)
    • le30 janvier 2010 - le 6 février 2010
      International PEN
    • le2 juin - le 6 2010
      Santiago de Compostela
    • lejuin - le 4 2010
      ICORN General Assembly (Frankfurt)
    • le14 avril - le 18 2010
      April Free the Word! London
    • le24 mars - le 27 2010
      March Bled, Slovenia
  • NOUVELLES ET RAPPORTS


    Discours d ouverture à PEN Proteste! à Mexico

    Suivez le lien ci-dessous pour une transcription complète du discours d'ouverture de John Ralston Saul lors de l'événement "PEN Proteste!" à Mexico, le 29 janvier:

    http://www.pen-international.org/wp-content/uploads/2012/01/ENG_Mexico-City-Speech-Jan-29.pdf


    Discours d ouverture par John Ralston Saul - Réunion du PAN à Dakar, Sénégal

    Monsieur le President de la République

    Ambassadeurs

    Ministres

    Monsieur Kebé, President du PEN Sénégal

    Monsieur Beye, Secrétaire Général du PEN Sénégal

    Monsieur Harruna Attah, Secrétaire Général du PAN

    Prof. Okai, Secrétaire Général du Pan African Writers Association

    Membres de PEN de partout en Afrique

    Mesdames

    Messieurs

     

    Monsieur le Président, votre présence ici nous fait grand honneur.

     

    Comme vous le savez, PEN a toujours été apolitique.  Indépendant.  Irascible.  Comme il se doit.  C’est le rôle essentiel de l’écrivain.  C’est bien pour cela qu’aujourd’hui, dans notre 90e année, nous sommes toujours, partout dans le monde, et de plus en plus, l’organisation prééminente qui se consacre à la défense de la liberté d’expression.

     

    Je dois vous dire, Monsieur le Président, que, malgré cette indépendance, il nous fait toujours plaisir de nous retrouver avec un chef d’état écrivain.  Et dans un pays comme le Sénégal, où les Présidents, les uns après les autres, ont soutenu les causes de PEN.

     

    Je vous remercie de votre accueil.  Et je me dois aussi de remercier le PEN Sénégal au nom de tous ceux qui sont venus d’ailleurs.  Ses membres ont travaillé dur pour que cette réunion essentielle ait lieu.

     

    -           -           -

     

    C’était il y a 16 ans, le 10 novembre, qu’on pendait notre ami Ken Saro-Wiwa.  Léopold Senghor a écrit de la mort de Martin Luther King : « Parce que nous ne l’avons pas aidé, nous ne l’avons pas pleuré.  »

     

    Et bien, nous avons tout fait pour aider Ken Saro-Wiwa – nous les écrivains de PEN International partout dans le monde – et nous l’avons perdu, et nous le pleurons encore.  Cette grande défaite est un rappel constant de la lutte pour la liberté d’expression sous toutes ses formes, dans toute sa grandeur et dans ses détails.

     

    Aujourd’hui nous avons quelques huit cents êtres humains inscrits sur notre liste d’écrivains persécutés ou en prison.  Et il y en a d’autres qui sont battus autour du monde chaque jour.  Ou menacés.  Ou brisés dans des procès fallacieux.  La réalité de la fragilité de la liberté d’expression fait qu’on doit se lever chaque matin et consciemment rétablir ce principe dans nos vies si tranquilles et rassurantes.  Je pense tout particulièrement aux lois qui criminalisent ce qu’on appelle l’insulte et la diffamation.

     

    -           -           -

     

    Mais PEN, est-ce que c’est surtout un mouvement littéraire, ou un mouvement en faveur de la liberté d’expression? Voilà un débat vieux de 90 ans.  En fait, littérature et liberté d’expression sont la même chose.  La littérature sans la confiance en soi – en son imagination – attachée à la liberté d’expression, ce n’est que du style.

     

    Et la liberté d’expression sans la littérature – sans l’imagination – et bien, pour parler d’aujourd’hui, c’est un monde réduit à des formules technocratiques, du jargon de consultants et au dialecte d’économistes.  On n’a qu’observé les catastrophes de la dette et de la pauvreté que cette approche sans imagination a produites.

     

    PEN croit dans une liberté d’expression sans borne, et sans frontière.  Nous croyons à la critique musclée, au débat agressif, aux romans, aux poèmes, aux pièces qui amusent, dérangent, contrarient.  Nous croyons à une vie – disons – inconfortable pour ceux qui détiennent les  pouvoirs publics et privés.  Tout cela est la meilleure protection que nous ayons – nous, les citoyens de partout au monde – contre la violence et la dictature.

     

    Que cela soit dans les romans ou dans des discours, dans des journaux ou dans des lettres, des conversations ou sur scène, la liberté d’expression musclée nous sert a nous tous.

     

    C'est la raison pour laquelle George Konrád, l'un de mes prédécesseurs en tant que Président international du PEN, a dit: 'Ce n'est pas vrai qu'on puisse établir une paix distincte avec les créateurs. ' On ne peut faire une paix distincte avec la communauté des écrivains 

     

    -           -           -

     

    Nous sommes à Dakar pour parler du PAN – le Réseau africain du PEN.  Le PAN porte le ravbail du PEN dans de nouvelles directions.  Le réseau a débuté en 2003, lors du Congrès international de Mexico.  Mohamed Magani, l'un des premiers secrétaires généraux du PAN, est ici avec nous et se rappelle du travail accompli pendant huit ans pour mettre en place le réseau et lui donner son orientation.  Grâce à ce travail, PAN a commencé à transformer PEN.  

     

    Dans certains pays, par exemple – je pense à la Sierra Leone et à la Guinée Conakry – PEN International avec PAN comme parti intégral – livrent notre message à des adolescents grâce à de grands clubs de lecture dans les écoles.

     

    Je viens d'être témoin de plusieurs exemples de ces programmes en Sierra Leone – des exemples très touchants impliquant des jeunes qui n'auraient probablement pas eu accès à l'éducation au-delà de l'école à cause de la situation sociale et politique.  Nos clubs scolaires les ont amenés à lire et à écrire d'une manière énergique, dynamique et publique.

     

    J'ai entendu un étudiant – Mohamed Kanneh – réciter devant ses amis et des membres du PEN un poème qui commençait par: 'Mon agonie est ma vie'.  Et un autre: 'Parfois, dans le pays, l'anarchie était ce que portait le vent. '

     

    Un autre étudiant – Baba Tejan Kabba – a lu un remarquable poème contre la violence.  

     

    Je prononce leurs noms parce qu'ils méritent qu'on les entende.  Ils ont 15 ans dans un monde difficile et, eux, ils ont le courage et la volonté d'élever la voix.  Et dans le monde difficile des écrivains, peut-être les entendra-t-on.  

     

    Dans un village du nom de Lunsar, à l'école Notre-Dame-de-la-Guadeloupe, des centaines de jeunes filles se bousculaient dans l'allégresse et une ambiance créatrice pour jouer les pièces qu'elles avaient écrites.  

     

    Et tout cela dans un pays qui vient d'échapper au désastre.  Voilà bien le rôle que la littérature et la liberté d'expression peuvent jouer.  C'est PEN en Afrique – PEN africain – en action dans le vrai monde.  Au cours des prochains jours, nous allons entendre parler de programmes partout à travers le continent qui cherchent à développer des stratégies généreuses et à long terme.

     

    Et tous cela n’est qu’un petit parti du travaille de PEN.

     

    -           -           -

     

    Un exemple de plus.  Perdre sa langue – c’est quand-même perdre sa liberté d’expression.  Depuis 20 ans PEN travaille à définir et à défendre les droits linguistiques.

     

    Il y a des centaines de langues en voie de disparition.  Les langues de pouvoir n’y voient que la fatalité.  Nous y voyons une affaire politique.  Défendre ces langues, ce n’est pas une question de charité – ou de les conserver qu’elles deviennent des sujets d’études historiques à l’université.

     

    Chaque fois qu’on perd une langue, un porte se ferme pour toujours sur une partie de notre imagination; et de notre compréhension de cette planète.

     

    Au cours de notre dernier congrès à Belgrade, nous avons adopté une charte  des droits linguistiques.

     

    C’est un document court – une page.  C’est un beau texte, déjà traduit dans une dizaine de langues, et les traductions continuent d’arriver, les unes après les autres.  Cette déclaration s’appelle le Manifeste de Gérone.  C’est la ville de Catalogne où nous en avons complété la rédaction.  C’est un outil utile et important dans le combat public pour contrer l’extinction des langues.  

     

    Ici encore – sur cette question des langues minoritaires ou en danger de disparition – le réseau africain de PEN International peut jouer un rôle très important.

     

    -           -           -

     

    Une dernière précision.  Oui, les quelques 17 centres de PEN en Afrique – et il y en a d’autres à venir – ont leur rôle à jouer dans ces questions sur ce continent.  Un rôle essentiel.

     

    Mais, il faut insister sur le faite que nous avons également besoin de leur influence partout dans le monde dans cette grande coalition d’esprit qu’est le PEN International.

     

    Je vous remercie.



    Discours douverture de John Ralston Saul dans le congrès du PEN international à Belgrade

    Tous mes remerciements au PEN de Serbie! Je vous remercie, Vida, et je remercie aussi tous les membres de votre Centre. Vous avez organisé un congrès splendide. Ceux qui y participent ne se rendent pas vraiment compte de la quantité de travail que cela implique et combien d'heures il faut donner, des heures qui auraient pu être consacrées à l'écriture. Je vous manifeste donc ma reconnaissance la plus personnelle qui soit, de la part de tous ceux qui sont venus d'autres pays.
     
    Quand nous disons  – nous les membres du PEN International – que nous sommes l’évocation de la littérature et de la liberté de l’expression, et que les deux ne se séparent pas – c’est une simple déclaration des faits.
    C’est notre 90ème année. Nous sommes – nous avons toujours été – la seul organisation véritablement internationale de la littérature. Nous avons inventé l’idée et la réalité des campagnes pour la liberté d’expression.
    Quelquefois il faut répéter l’évident. Il y en a des gouvernements, des pouvoirs - ceux que George Konrad, un de nos anciens présidents, appelle ‘’les professionnels du pouvoir’’, qui disent : Ah, ce ne sont que des écrivains, que des mots. Et c’est vrai, nous n’avons pas de chars ou de banques ou le pouvoir de porter un déficit gigantesque ou un grand bureaucracy. Mais si nous sommes que des écrivains, pourquoi est-ce que quelques 850 de nos collègues sont en prison autour du monde ? Pourquoi est-ce que on tue des écrivains avec une régularité terrifiante ? Nous avons ce grand pouvoir qui est celui de la langue et de l’imagination – à travers les poèmes, le théâtre, les romans, les essais – qui libère l’esprit des lecteurs. C’est avec des mots de l’imagination que l’individu travaille.
    Hier, on m'a demandé, avec justesse, quelle différence est-ce que cela ferait que des écrivains venus de 89 Centres PEN différents soient rassemblés à Belgrade. C'est une bonne question.
    La première réponse est que ce Congrès est l'expression publique d'une réconciliation. Les écrivains des Balkans n'ont bien sûr jamais cessé de se parler. Mais ce Congrès est une évocation formelle de l'imagination des Balkans.

    Aujourd'hui, les dirigeants de dix centres PEN des Balkans étaient assis ensemble sur une scène et ont créé le Réseau PEN International des Balkans. Les membres fondateurs sont les PEN de Bosnie, de Bulgarie, de Croatie, du Kosovo, de Macédoine, du Monténégro, de Roumanie, de Serbie, de Slovénie et de Turquie. C'est un événement historique. C'est un message au monde entier.


    Deuxièmement, la réunion de centaines d'écrivains de partout dans le monde est importante parce que c'est une force en faveur de l'imagination et de la transparence. Notre charte est claire. Nous croyons en une liberté d'expression sans limites. Mais nous croyons aussi que, quelles que soient la controverse et la difficulté que nos mots peuvent occasionner, leur but ultime est de rassembler les êtres humains. Le grand écrivain Serbe-Canadien, David Albahari, a justement écrit que 'la connaissance ne peut jamais rattraper le pouvoir de l'ignorance.' C'est bien vrai. Mais l'imagination, elle, le peut. L'imagination peut bondir par-dessus l'ignorance. Permettez-moi de vous donner un exemple: quand un journaliste radiophonique qui est virtuellement inconnu est tué au Mexique – le pays le plus dangereux au monde pour un écrivain de nos jours – il laisse derrière lui, dans les mots d'Ivo Andric, 'un souvenir plus clair et plus permanent que celui de bien d'autres victimes plus importantes'.
    Cette année, notre ancien président Mario Vargas Llosa a reçu le Prix Nobel pour la littérature. Et le président fondateur de notre Centre PEN chinois indépendant, Liu Xiaobo, a reçu le Prix Nobel pour la paix. Deux hommes courageux. Deux maîtres de l'imagination. L'un des deux reste pourtant injustement en prison. Et plusieurs de nos centres ont joué un rôle crucial dans ce qu'il est convenu d'appeler le Printemps arabe. Dans certains cas, ils sont très actifs dans la reconstruction de la société civile de leur pays.


    Au cœur de ce que nous faisons, il y a ceci: l'imagination et la transparence que l'imagination crée, et l'acceptation de la complexité – tout cela se trouve au-dessus de la politique ou en-dessous de la politique. C'est tout sauf de la politique. Dans une société qui ne possède pas cette démocratie de l'esprit il devient possible que les mensonges prennent place comme s'ils étaient un langage. Et comme le dit Danilo Kiš: 'quand tout le monde ment, personne ne ment.'
    Notre affaire, c'est la mémoire, une mémoire qui ne s'oppose pas aux gens, qui ne dresse pas les uns contre les autres. Nous représentons une idée ouverte sur la manière pour les humains de vivre les uns avec les autres.


    Ceci est le 77e Congrès. Le Congrès de Dubrovnik en 1933 a été organisé par ce centre. Ce fut un moment complexe mais historique pour PEN. On faisait alors face à la montée de l'autoritarisme, même à l'intérieur de nos propres centres. Les divisions de la société européenne étaient devenues les divisions du PEN. Notre président, un grand écrivain, H.G. Wells, mais aussi un antisémite avec des opinions publiques confuses, s'est vu saisi dans une atmosphère de divisions impossibles. Mais quelle qu'ait été la confusion du moment, Wells et les délégués ont quand même trouvé le moyen de défendre l'imagination et la transparence, s'élevant donc contre l'autoritarisme.


    En 1933, nous avons trouvé un cadre moral – bien avant que les gouvernements ne prennent position. Et à tous les Congrès PEN depuis 1933, ce cadre moral se maintient comme jauge de ce que nous accomplissons. J'aime croire qu'en dirigeant avec sagesse le congrès de Dubrovnik Wells en est arrivé à trouver sa propre voie vers une compréhension de la morale propre au PEN. Ce fut un moment élevé pour lui et pour PEN.


    Il s'en trouve toujours pour croire que les écrivains et les écrivaines peuvent être arrachés de leur indépendance sur la place publique. Je crois que les prochaines années vont être difficiles. Il y a de nombreuses forces négatives et puissantes en présence. Mais la signification de PEN est simple. La force morale en notre cœur est l'indépendance de notre imagination et de notre créativité. Et nous savons bien de quoi il s'agit puisque depuis 90 ans nous avons défendu cette indépendance.
     

     
    Hvala!


    Une lettre de John Ralston Saul à ladhésion PEN au sujet de Le Manifeste Gérone

    Chères amies, chers amis,

    il y a quelques semaines, tous les centres du PEN ont reçu un message de la part du Comité de la traduction et des droits linguistiques, rendant compte du Manifeste de Gérone. Je donne suite à cet envoi pour souligner à quel point je considère cette initiative importante.

    Il y a exactement quinze ans ce même comité a mené une coalition d'organismes civils et d'organisations internationales dans l'élaboration de la Déclaration Universelle des Droits Linguistiques. Ce document touffu et complexe a été approuvé lors d'une Assemblée annuelle des délégués du PEN et en est venu à jouer un rôle important auprès des spécialistes partout à travers le monde. Mais il manquait une version courte et claire du document, un Manifeste qui présente les éléments essentiels de la Déclaration et qui puisse être utilisé par tout un chacun.

    Le Manifeste de Gérone, c'est justement cela. En une page, réunissant dix points en une langue à la fois littéraire et accessible, ce Manifeste devient pour nous tous un outil pratique.


    La prochaine Assemblée des délégués, à Belgrade, sera, bien sûr appelée à approuver ce document. Mais je croyais utile d'explorer un contexte dans lequel on puisse le lire.

    Nous sommes tous préoccupés des pressions exercées sur les langues qui ont une faible population de locuteurs natifs. Nous sommes tous conscients du petit nombre de traductions qui existent de ces langues et par la difficulté à laquelle elles font face pour être entendues et lues dans le monde. Bien des langues sont en danger. Il y en a plusieurs qui disparaissent. La perte d'une langue et, par le fait même, d'une grande partie de la culture de certains groupes, peut être perçue comme la privation ultime de la liberté d'expression.

    Le Comité de la traduction et des droits linguistiques a procédé à la rédaction de ce Manifeste dans nos trois langues officielles après sa réunion de 2010.

    C'est à sa réunion de 2011, à laquelle le secrétaire international Hori Takeaki et moi-même étions présents, que tous les participants ont passé une bonne partie de leur temps à commenter ce court texte dans trois langues. Et le Manifeste de Gérone a ainsi été adopté à l'unanimité.

    Ce Manifeste pourrait nous fournir un document public clair avec lequel défendre et faire progresser les langues aux locuteurs natifs peu nombreux, tout autant que les langues en péril.

    Je vous encourage tous à lire ce document, à le traduire dans vos propres langues avant la réunion de Belgrade et à réfléchir au meilleur usage que nous pourrions en faire pour promouvoir la multiplicité des langues et des cultures que le PEN International représente.

    Acceptez mes amicales salutations,

    John Ralston Saul



    Le Conseil de l'Europe et PEN International préconisent un renforcement de la protection de la liber

    Le Secrétaire Général du Conseil de l'Europe, Thorbjørn Jagland, et le Président de PEN International, John Ralston Saul, ont fait aujourd’hui la déclaration commune suivante à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai.  Ils expriment par cette déclaration commune le ur inquiétude quant aux menaces croissantes qui pèsent sur la liberté d’expression.

    «Chaque année, des journalistes et des écrivains sont emprisonnés et réduits au silence dans le monde entier en raison de paroles ou d’écrits ayant déplu aux dirigeants. On constate aujourd’hui que des blogueurs, des journalistes amateurs, des militants sur le web, voire de simples usagers d’internet, sont emprisonnés parce qu’ils exercent, en toute légitimité, leur droit à la liberté d’expression.



    PEN International cherche un Directeur exécutif

    PEN International, basée à Londres, l'organisation mondiale d'écrivains consacrés à la liberté d'expression, l'importance de la littérature dans une société civile, et l'accès à la littérature sans frontières, recherche un Directeur exécutif:

    Cliquez sur le lien ci-dessous pour voir appel officiel pour les applications

    www.internationalpen.org.uk / go / nouvelles / stylo-international-cherche-une-Directeur exécutif

    Envoyer CV et lettre de motivation à: EricLaxPEN@aol.com pas plus tard à minuit (heure de Londres) lundi 11 avril 2011.

    Interview publiée dans Mumbai Mirror sur la lettre de John Ralston Saul à vice-chancelier Welukar

    Cliquez ci-dessous pour lire l'interview publiée dans Mumbai Mirror sur le thème de la lettre par John Ralston Saul à vice-chancelier Welukar.

    www.mumbaimirror.com/index.aspx


    Un article est publié par Ikbal Baraka, le président du PEN égyptienne sur la liberté d'expression

    Ikbal Baraka, président de PEN égyptien, a écrit un article pour  Al Masry el Yom, un journal du Caire.

    Vous pouvez trouver l'article complet, traduit en anglais, sur le site de PEN International en cliquant ici :

    http://www.internationalpen.org.uk/go/news/iqbal-baraka-president-of-egyptian-pen-has-written-for-the-cairo-based-al-masry-el-yom-newspaper-the-following-is-a-translation-of-her-piece-which-we-are-sharing-with-pen-members


    John Saul Ralson parle avec The Mark sur la liberté d'expression

    John Ralston Saul a été interviewé par The Park  et a parlé de la liberté d'expression, sa place dans la société, et la situation en Egypte.

    Vous pouvez trouver la vidéo en cliquant sur le link ci-dessous:

    http://www.themarknews.com/articles/4020-journalists-and-protesters-must-be-heard



    John Ralston Saul assiste à la cérémonie de remise du Prix Nobel de la paix pour Liu Xiaobo

    Président international du PEN International, John Ralston Saul, a été invité à assister à la cérémonie du Prix Nobel de la paix pourLiu Xiaobo, ancien président du Centre Independent Chinese PEN.


    PEN International publie une déclaration sur Wikileaks

    Le 10 Décembre 2010, PEN International publie sa déclaration sur Wikleaks.

    Pour lire la déclaration complète cliquez ici: http://www.internationalpen.org.uk/go/news/pen-international-statement-on-wikileaks


    John Ralston Saul participe au séminaire organisé par le PEN International et Amnesty (Oslo)

    John Ralston à participer en tant que président du PEN International dans le séminaire organisé par le PEN International et Amnesty International, le matin de la cérémonie du Prix Nobel de Liu Xiaobo. Les autres intervenants comprennent Martin-Liao Tienchi, président du Independent Chinese PEN Centre et Salil Shetty, Secrétaire général international d'Amnesty International.

    Ce séminaire est ouvert à la presse et du public.

    Lieu et heure:

    Amnesty International Office dans Grensen 3, au troisième étage
    Oslo, Norvège
    10 décembre, 9 heures-11 heures


    Le PEN International réitérer sa déclaration de libérez Liu Xioabo

    OSLO, 9 Décembre 2010 - Aujourd'hui, à Oslo, le PEN International a réitéré son appel, repris par les écrivains, journalistes et essayistes, ainsi que des dirigeants politiques et civiques à travers le monde, à la libération immédiate et inconditionnelle de Liu Xiaobo, lauréat du Prix Nobel de la Paix de cette année.
     
    Cliquez ici pour accéder communiqué de presse: http://www.internationalpen.org.uk/go/news/pen-international-reiterates-call-to-release-liu-xiaobo-as-nobel-peace-prize-awarded-in -oslo



    John Ralston Saul publie "Liu Xiaobo et de vrais amis de la Chine" dans des journaux internationaux

    L'article John Ralston Sauls sur Liu Xiaobo, lauréat du Prix Nobel de la Paix 2010,  écrivain dissident et l'ancien président du Centre PEN chinois indépendant , est publié dans des journaux internationaux. Cliquez sur les links ci-dessous pour trouver l'article en plusieurs langues.

    Pour accéder à l'article en anglais publié dans le Globe and Mail.http: / / www.theglobeandmail.com/news/opinions/opinion/what-chinas-real-friends-say-about-liu-xiaobo/article1824875/

    Édition française publiée dans Le Monde: http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/12/09/liberez-le-dissident-liu-xiaobo_1451282_3232.html

    La Presse: http://www.cyberpresse.ca/opinions/201012/07/01-4350086-pekin-doit-liberer-liu-xiaobo-nobel-de-la-paix.php

    Édition portugaise publiée dans el Correio Braziliense: http://www.correiobraziliense.com.br/app/noticia/mundo/2010/12/11/interna_mundo, 227188/artigo-liu-xiaobo-e-os-verdadeiros-amigos-da -china.shtml
     
     


    PEN International commémore 50 ans de son Comité des écrivains en prison

    Le Comité des écrivains en prison du PEN International célèbre son cinquantième anniversaire en 2010, lors de la Journée internationale de la écrivains emprisonnés, et rend hommage à 41 écrivains du monde entier qui ont été tués l'an dernier

    Ex-président de PEN International remporte le prix Nobel 2010 de littérature

    Mario Vargas Llosa a été nommé lauréat du prix Nobel de littérature lors d'une cérémonie aujourd'hui en Suède. Vargas Llosa était un membre actif de PEN depuis de nombreuses années et était président international de 1976 à 79.

    S'il vous plaît, cliquer ici pour voir un communiqué de presse de PEN International: http://www.internationalpen.org.uk/go/news/former-president-of-pen-international-wins-2010-nobel-prize-for-literature


    Ex-président du Centre PEN chinois indépendant.reporte le prix Nobel 2010 de la paix

    PEN International appelle la République populaire de Chine à libérer l'écrivain et universitaire Liu Xiaobo, lauréat du Prix Nobel de la Paix 2010. Liu, qui purge actuellement une peine de 11 ans en Chine, est un ancien président du Centre Independent Chinese PEN.

    S'il vous plaît cliquer ici pour voir un communiqué de presse PEN International: http://www.internationalpen.org.uk/go/news/nobel-peace-prize-awarded-to-former-president-of-independent-chinese-pen-centre

    PEN International émis des résolutions concernant la Chine, Iran, Mexique, et l'Afrique du Sud

    Le 76e congrès annuel du PEN International à Tokyo a émis des résolutions sur un certain nombre de pays. S'il vous plaît trouver des liens vers quatre d'entre eux ci-dessous. (Tous les fichiers sont en format PDF et en anglais)

    Résolution concernant la China

    Résolution concernant l'Iran

    Résolution concernant le Mexique

    Résolution concernant l'Afrique du Sud




    Le communiqué de presse de clôture de la 76e congrès de PEN International

    WORLD’S LEADING ADVOCATE FOR FREEDOM OF EXPRESSION CONDEMNS IRAN,

    TAKES FORMAL ACTION AT CHINESE EMBASSY IN TOKYO,

    ELECTS FIRST ASIAN INTERNATIONAL SECRETARY

     

    More than 250 writers from several dozen countries, gathered in Tokyo for the 76th annual Congress of PEN International, expressed profound outrage at the sentencing yesterday of 35-year-old Iranian-Canadian blogger Hossein Derakhshan to 19.5 years in prison on charges that include ‘propagating against the regime’, ‘insulting religion’, spreading ‘anti-revolutionary’ propaganda and obscenity.

    [...]

    Veuillez cliquer ici pour lire le communiqué de presse dans son intégralité.


    John Ralston Saul donne le discours d'ouverture au 76e congrès annuel de PEN International

    PEN International se réunit à Tokyo pour exhorter l'augmentation du campagne pour ses collègues réduits au silence et emprisonnés. Des centaines d'écrivains du monde entier se réuniront du 25 septembre au 1er octobre à la 76ème congrès du PEN International. John Ralston Saul donne son discours d'ouverture le 26 septembre à l'hôtel Keio Plaza, Tokyo.

    Discours d'ouverture par le Président International (PDF en anglais)


    INTERNATIONAL PEN MOURNS THE LOSS OF GEORGES ANGLADE

    I have just learnt that Georges Anglade and his wife Mireille Neptune have been killed in the earth quake in Haiti. Georges was the founding President of PEN Haïti and a member of the Board of Quebec-PEN, a wonderful writer, a courageous man who had stood up to the enemies of free expression. He had an amazing spirit and enthusiasm which drove him to continue to stand up and speak out for literature and freedom. He was a force of nature. Perhaps that is why I find it difficult to accept that he is now gone. He was a good friend to many of you and I personally felt him as a dear friend, the kind of friend you could always count on.

    I will miss him as I know you will.

    John Ralston Saul
    President

    Click here to read John Ralston Saul's tribute to Georges Anglade in the Globe and Mail






    LETTRE MENSUELLE


    La lettre mensuelle (avril 2012) de John Ralston Saul aux membres de PEN

    Chers membres du PEN, chères amies, chers amis,

    Hori Takeaki, Eric Lax et moi venons de passer quelques jours à Londres; nous avons discuté de la
    stratégie du PEN, nous avons parlé avec Laura McVeigh et avec les membres du personnel de notre
    bureau international et nous avons eu des échanges avec des éditeurs dans le cadre de la Foire du livre
    de Londres.

    Nous faisons un effort pour nous rencontrer tous les trois plusieurs fois par année. Nous arrivons
    presque tous les jeudis à avoir une conférence d'environ deux heures sur Skype, une conversation où
    Laura se joint à nous afin que le Bureau, soit l'Exécutif, et le secrétariat se tiennent au courant l'un
    l'autre. Mais le vrai plaisir est de se retrouver dans un même lieu ensemble quelques jours.

    Cela est encore plus difficile pour les sept membres du Conseil. Ses réunions impliquent dix personnes
    ainsi que les quatre présidents des comités permanents et le personnel sénior au téléphone en même
    temps à travers le monde. Heureusement, tout le Conseil va sa réunir à Londres à la mi-juin. J'espère
    que, parmi d'autre sujets, nous pourrons nous pencher sur les rapports préliminaires du Comité sur les
    médias digitaux et du Comité sur la gouvernance qui ont été mis en place au Congrès de Belgrade.

    À Londres, la semaine dernière, le personnel nous a parlé de nombreux projets. Maintenant que le
    nouveau site internet est en place, on nous a par exemple indiqué qu'on développait un deuxième
    site – un site web littéraire. Et puis suite à notre travail avec IFEX et 'Index on Censorship' il y a un
    livre qui sera publié à Tunis, d'abord en arabe, sur la chute du régime Ben Ali et le rôle qu'y ont joué
    des écrivains. Nous explorons avec le Cercle des éditeurs diverses manières d'élaborer à partir de ce
    projet une approche à des situations où la faiblesse de la structure éditoriale fait obstacle à la liberté
    d'expression.

    Le WIPC/CODEP poursuit son action dynamique sur la question du Mexique et la présidente du PEN
    anglais, Gillian Slovo, déjà membre de la délégation originale de janvier dernier, est de retour à Mexico
    et donne des entrevues de suivi avec l'aide de PEN Mexico. Le sénat mexicain semble avoir pris très au
    sérieux les menaces à la liberté d'expression. Une deuxième loi a été votée, orientée plus franchement
    vers la protection des journalistes et de leur famille. Entretemps, une autre journalistes d'enquête,
    Regina Martínezm, a été retrouvée assassinée le 28 avril dernier à Veracruz.

    L'invité d'honneur à la Foire du livre de Londres cette année était la Chine. Le pays a envoyé une
    importante délégation d'écrivains; mais il y a néanmoins 35 autres écrivains qui sont en prison et la
    situation de la liberté d'expression en Chine reste la même. On sentait donc une tension certaine lors
    de la Foire, mais le PEN Anglais n'a pas manqué d'offrir son kiosque pour que des écrivains chinois
    en exil puissent parler. Et le Centre des écrivains chinois indépendants a décidé d'avoir son propre
    kiosque. On y a tenu des lectures et une conférence de presse à laquelle le président du Centre, Tienchi
    Liao, et moi-même avons pris la parole.

    Avant d'aller à Londres, j'étais passé par New York pour parler du Cercle des éditeurs avec des
    éditeurs. Nous accueillons maintenant Grove Atlantic dans un Cercle qui compte 15 membres éditeurs.
    J'ai aussi pu échanger avec le nouveau président du American PEN, Peter Godwin, ainsi qu'avec Steven
    Isenberg et Larry Siems.

    Et finalement, dans ma dernière lettre je vous ai parlé de notre réunion, le PEN éthiopien et moi, avec
    Jean Ping, président de l'Union africaine. Conséquence de cet échange, Abdul-Rahman Harruna Atab,
    en représentation du Réseau africain du PEN (PAN) et Frank Geary se trouvent maintenant à Abuja, au

    Nigéria, pour s'adresser aux Ministres de l'éducation de l'Union africaine au sujet de notre programme
    scolaire en Afrique. Ils s'agit là d'une importante nouvelle relation.

    Je vous fais mes salutations les plus chaleureuses.



    La lettre mensuelle (mars) de John Ralston Saul aux membres de PEN

    Chers et chères amis et membres de PEN,

    Cette lettre arrive un peu tard parce que je viens juste rentrer d’un séjour en Éthiopie et à Djibouti pour rencontrer nos Centres PEN. 

    Avant de vous en dire plus à ce sujet, je voudrai dire quelques mots sur les développements qui se sont produits au Mexique.  Vous savez peut-être si vous avez lu une récente déclaration de PEN qu’il s’est produit un progrès intéressant.  Le sénat mexicain a enfin adopté, après avoir longtemps tergiversé, la loi sur la fédéralisation des crimes commis contre des journalistes.  Nombreux sont ceux qui se sont exprimés en sa faveur. Mais la stratégie de PEN comportait plusieurs volets, en particulier la discussion en profondeur qui a eu lieu entre notre Délégation et le Président du sénat mexicain ainsi que d’autres sénateurs.  Mais elle était étayé par une étude de l’Université de Toronto/du PEN Canada, par la lettre que nous avons adressée aux écrivains mexicains qui a été publiée dans la presse nationale, par un événement public majeur organisé à Mexico, PEN Protesta ! et par toutes les autres activités que notre Délégation est parvenue à réaliser.  En d’autres termes, ce qui nous avons apporté dans ces négociations est notre réelle force – celle de la parole publique, que ce soit avec le PEN Mexicain au Mexique ou dans le monde entier avec nous tous.  Notre force est que n’avons pas à laisser aux experts ou aux politiciens la prérogative de ces questions, mais que nous pouvons les faire entrer dans l’arène publique. 

    L’autre jour, quelqu’un m’a dit que nous ne devrions pas nous borner à faire un travail de relations publiques.  Mais nous abattons une somme de travail très spécialisé.  Nous sommes un Centre de recherches et d’analyses important.  Et si besoin est, nous engageons de manière très experte des négociations prudentes et complexes dans les coulisses.  

    Mais ce que nous faisons publiquement n’est pas un travail de relations publiques.  Il s’agit de l’expression de notre vraie identité en tant qu’écrivain et éditeurs.  C’est pour cela que lorsque je parle de nous, je nous décris constamment comme des gens de la parole.  C’est ce que nous sommes, avec les lecteurs. 

    Et nous avons donc eu une percée au Mexique.  Il s’agit d’un progrès modeste, mais tout de même important.  Nous remplissons donc notre mandat. 

    -    -    -

    Avec le PEN Éthiopien, le PEN de langue somali et le PEN de langue afar, nous avons trois Centres robustes.  J’avais été convié à Addis-Abeba pour la première rencontre annuelle du PEN Éthiopien.  Il leur a fallu quatre années d’efforts acharnés pour obtenir le statut officiel d’une ONG éthiopienne.  Ils ont célébré cet événement avec une centaine d’écrivains originaires des quatre coins de ce très large pays.  Ce qui est impressionnant est l’effort qu’ils déploient pour inclure les différentes cultures et langues nationales.  Il y a eu au cours de cette rencontre annuelle un débat public sur les rôles des langues amhariques et oromo. 

    Solomon Hailemariam, leur Président, est secondé par Dejene Tesemma, un secrétaire général plein d’enthousiasme ainsi que par Gezahegn Mekonnen, le trésorier, Getnet Gessese le Vice-président et Aschalew Kebede.  Et d’autres personnes se joignent à Solomon.  Ce sont des romanciers, des poètes, des essayistes et des journalistes.  Je devrai ajouter qu'Elisabeth Eide et Ann-Magrit Austena du PEN Norvégien se trouvaient également à Addis-Abeba pour célébrer la première rencontre annuelle du PEN Éthiopien. 

    La situation dans le pays est très complexe.  Le PEN Éthiopien a décidé de faire porter son travail sur les rapports entre la littérature et l’éducation, ce qui rejoint très bien nos programmes d’éducation, très appréciés, dans les autres Centres africains. 

    Nous avons eu de nombreuses réunions très intéressantes, en particulier avec le Président de la République.  Nous avons pu organiser une réunion avec Jean Ping, le Président de l’Union Africaine.  Il s’agissait d’une première pour PEN International et d’une importante initiative. 

    J’ai longuement parlé avec lui de littérature et d’éducation et des programmes scolaires de PEN en Afrique.  Il nous a immédiatement conviés à rencontrer le Commissaire aux Ressources Humaines, aux Sciences et à la Technologie qui est chargé de l’éducation.  Son nom est Professeur Jean-Pierre O. Ezin.  Il a à son tour convié PEN à la rencontre annuelle des Ministres africains de l'Éducation.  Nous travaillons maintenant sur ce projet. 

    Sur un sujet distinct mais apparenté, un des plus grands enjeux pour les écrivains en Éthiopie est la faiblesse du système d’édition ainsi que le prix des livres qui est très élevé.  Nous devons constamment nous rappeler à PEN que sans un système robuste d’édition, sans livres à un prix raisonnable et sans un quota appréciable de traductions, la liberté d’expression serait plus théorique que réelle. 

    -    -    -

    Djibouti était une expérience d’une grande richesse et passionnante.  La situation est complexe et nos deux Centres appartiennent tout à fait à ce qu’il conviendrait d’appeler l’école du Manifeste de Gérone. 

    Les centres d’expression somali et afar représentent des langues qui étaient exclusivement orales jusqu’au début des années 60 (Somali) et des années 70 (Afar).  La vaste majorité des gens qui ont comme langue maternelle le somali ou l’afar résident dans les pays voisins – en Somalie, au Somaliland, en Éthiopie, en Erythrée, et au Kenya.  Le désastre politique en Somalie et en Erythrée a conduit de nombreux de leurs ressortissants et en particulier de nombreux écrivains à s’exiler dans le monde entier.  Ce qui fait que nos deux Centres PEN à Djibouti en sont réduits à essayer de représenter toute la région, avec nos Centres au Kenya et en Éthiopie. 

    Le Centre d’expression somali est établi depuis déjà quelque temps dans les bureaux qui fonctionnent très bien.  Il semblerait que ma venue à Djibouti puisse aboutir au même résultat pour le Centre d’expression afar.  Leurs locaux sont situés l’un à côté de l’autre, au même étage d’un bâtiment au centre de Djibouti. 

    Après m’avoir invité, ils ont organisé une réunion conjointe publique, à laquelle une centaine d’intellectuels avaient été conviés.  Les médias en ont beaucoup parlé dans le pays.  J’ai également eu des réunions de travail avec chacun des directeurs de Centres.  Dans chaque cas, environ une vingtaine d’écrivains étaient présents, des anciens comme des jeunes.  Ces Centres ont des branches dans les écoles et les collèges et dans les pays avoisinants.  Le fondateur du PEN Somali, Mohamed Dahir Afrah était présent ainsi que le Président actuel Adden Hassan Aden.  La présidente du Centre Afar est Aicha Robleh, une dramaturge très connue.  Elle était accompagnée de l’ancien Président, Chehem Watta et du secrétaire général, Mohamed Houmed Hassan, que tout le monde appelle Charlie. 

    Comme en Éthiopie, les deux Centres de Djibouti sont très intéressés par la littérature et l’éducation.  La plupart de nos Centres en Afrique sont fermement convaincus que c’est la voie à suivre pour donner à la créativité et à la libre parole une base plus large et solide.  À Djibouti, leur intérêt porte sur le trio linguistique compliqué mais heureux de la langue française (la langue officielle dans les écoles et au gouvernement), somali et afar (les deux langues maternelles récemment introduites dans le système d’éducation).  Nos deux Centres veulent renforcer les langues maternelles sans affaiblir le français. 

    Ils souffrent également énormément de l’absence d’un système d'édition pour les créations littéraires.  Nous avons rencontré le Président de la République et on a parlé de l’idée de créer une coopérative d’édition sous l’égide des deux Centres PEN.

    Ces trois semaines ont été passionnantes et je suis reconnaissant à tous les membres des Centres Éthiopien, d’expression somali et afar qui m’ont réservés un accueil aussi chaleureux.  

    Comme je l’avais constaté en Sierra Leone et à la réunion PAN à Dakar en décembre dernier, nous avons des Centres absolument remarquables en Afrique.

    -    -    -

    Pour finir, ce voyage avait commencé par un séjour d’une semaine en Corée du Sud.  Je m’y suis rendu au départ pour assister à une grande réunion publique sur la situation économique dans le monde, une réunion qui n’avait aucun rapport avec PEN.  Mais en définitive, beaucoup de discussions ont tourné autour du travail de PEN et de son prochain Congrès. 

    Pour la deuxième moitié de mon séjour, j’ai rejoins Hori Takeaki, Markéta Hejkalová et Laura McVeigh pour travailler avec Gil-Won Lee et le Centre PEN Coréen sur le prochain Congrès qui aura lieu à Gyeongju.  Gil-won et ses collègues multiplient les efforts pour pouvoir accueillir le plus grand nombre d'invités possible, et organiser un programme littéraire d’excellente qualité.  Je pense qu’avec toutes les innovations, ce congrès sera couronné de succès. 

    Avec mes sentiments les plus chaleureux

    John Ralston Saul




    La lettre mensuelle (février) de John Ralston Saul aux membres de PEN

    Chères et chers amis et membres du PEN,

    À ce stade, la plupart d'entre vous serez déjà au courant de notre mission du PEN International au Mexique. Il en est beaucoup question sur le site Internet; jetez-y un coup d'œil.

    Il y a deux raisons pour lesquelles cette mission était importante. D'abord, la situation au Mexique allait de mal en pis, avec un bilan de plus de quatre-vingt morts. Les installations de périodiques et de postes de radio bombardées. Dans plusieurs états, la liberté d'expression a pour ainsi dire disparu. Dans bien des circonstances, les écrivains savent quelles peuvent être les conséquences d'élever la voix. Et cela a bien sûr un effet néfaste sur la volonté des éditeurs de publier ce qu'ils voudraient.

    Deuxièmement, la forme de la mission était en elle-même une nouveauté. L'idée était d'utiliser une approche qui pourrait s'ajuster et s'appliquer à de futures missions, comme par exemple en Turquie ou en Chine. C'était une grosse délégation, car nous étions quatorze, dont des représentants de chacun des trois centres PEN du Mexique. La stratégie impliquait ce qui a probablement été une première, d'inclure l'ensemble de l'exécutif; et les sept Centres d'Amérique du Nord, peut-être là aussi une première. Nous avions espéré que des centres latino-américains se joignent à nous, mais la chose n'a pas été possible.  De toute façon, notre approche a été à la fois internationale et régionale. La participation de la présidente du Comité des écrivains en prison / Comité de défense des écrivains persécutés, de représentants des centres japonais et anglais et d'une spécialiste en droit ont consolidé la délégation. La présence de cette dernière, là aussi une première, tient au fait que nous avons œuvré dans le dossier du Mexique avec une importante faculté de droit  (celle de l'Université de Toronto). Nous avons développé un argumentaire juridique très concis, facile à diffuser et à communiquer. Vous le trouverez en annexe.

    Nous avons aussi utilisé une approche qui correspond à la réalité du PEN. C'est-à-dire que nous avons mis à contribution notre expertise et présenté un programme clair de changement. Mais nous avons aussi parlé et agi à partir de la réalité qui est propre au PEN: nous sommes des écrivains, des écrivains de toutes sortes, des éditeurs et des amants de l'expression écrite. Nous sommes des gens de la parole. Notre principale force tient à notre habileté à utiliser la parole et à le faire publiquement. Nous sommes des milliers d'écrivains à travers le monde et disposons d'un public immense. Nous pouvons rencontrer ministres et haut-fonctionnaires et présenter de manière très efficace notre témoignage en faveur de la liberté d'expression. C'est ce que nous faisons, c'est ce que nous devons continuer de faire. Mais notre poids, notre force et notre influence viennent de notre voix, de nos lecteurs, de ceux qui nous écoutent ou qui nous voient. Au moment où la délégation mettait pied à Mexico, une page entière d'un quotidien de la ville présentait une lettre aux écrivains du Mexique signée par des écrivains du monde entier. Vous trouverez cette lettre sur le site Web et nous espérons que vous y ajouterez votre signature. Entre temps, plusieurs membres de la délégation ont publié leurs commentaires sur ce qu'ils ont vu et vécu, présentant leurs recommandations sur la question. Ces articles aussi sont joints. Il y en aura d'autres. Je vous encourage à écrire vos propres textes ou à publier à nouveau, sur votre site Web ou ailleurs, ceux que vous avez déjà rédigés.

    Et enfin, le PEN mexicain, présidé par Jennifer Clement, a organisé un événement public remarquable où cinquante-deux écrivains ont parlé – des Mexicains, des membres de la Délégation, des romanciers connus, des journalistes de grande réputation et des journalistes menacés, venus de villes de province. Chacune ou chacun n'avait la parole que pour une minute. Une expérience admirable, dérangeante, émouvante. Cela se passait devant un public nombreux et reçut une couverture de tous les médias. Le message s'est ainsi rendu jusqu'au grand public et aux autorités. On a vécu là une occasion où notre existence en tant qu'importante organisation littéraire et leader dans la défense de la liberté d'expression a parfaitement et à l'unisson trouvé sa voix.

    Le résultat en est que nous avons réussi à ramener la question des écrivains/journalistes à l'avant-scène de l'attention publique. Il nous reste à aider à l'y maintenir.  Mais nous avons aussi aidé à pousser dans la bonne direction la question des politiques publiques. Là aussi, il faudra que nous soyons tous attentifs et constants dans l'appui à nos collègues mexicains et à ceux qui travaillent dans ce domaine.

    ****    
     
    Au moment où vous lirez ces lignes, je serai en Corée avec Gil-won Lee et notre centre PEN de Corée. Hori Takeaki est là aussi, tout comme Markéta Hejkalová et Laura McVeigh. Nous allons discuter du prochain congrès. Et je me rendrai ensuite à Addis Abeba pour la première rencontre nationale du PEN d'Éthiopie, puis à Djibouti pour rencontrer les centres PEN afar et somalien.

    Je ne peux m'empêcher d'ajouter que nous semblons nous déplacer vers une période imprévisible. Vous verrez sur le site Web qu'il y a en Inde une situation qui se développe et qui nous fait nous interroger au sujet du système juridique et de la volonté politique; de nouvelles difficultés apparaissent en Arabie Saoudite; et tout cela vient s'ajouter à la liste déjà très longue des menaces contre la liberté d'expression et en même temps, bien évidemment, contre l'expression littéraire.

    Veuillez bien suivre la situation au Mexique.

    Et n'oubliez pas de traduire le Manifeste de Gérone dans votre langue pour que nous puissions le diffuser.

    Bien chaleureusement

    John Ralston Saul




    La lettre mensuelle (janvier) de John Ralston Saul aux membres de PEN

    Chères et chers amis et membres du PEN,
                           
    Dans quelques jours, une importante délégation – nous serons dix en tout – se rendra à Mexico. Il s'agira d'une forte affirmation de solidarité avec les écrivains et journalistes mexicains. Et ce sera aussi un geste singulier en ce que tout l'exécutif du PEN International s'y trouvera – Hori Takeaki, Eric Lax et moi-même – ainsi que la présidente du Comité de défense des écrivains  persécutés (CODEP) – Marian Botsford Fraser – et des représentants des quatre Centres nord-américains et des centres anglais et japonais. Nous ferons acte de présence auprès de nos collègues mexicains en compagnie aussi de Russell Banks, Adrienne Clarkson, Émile Martel, Larry Siems, Gillian Slovo et Adam Somers, ainsi que de Renu Mandhane, directrice du Programme des droits internationaux de la personne de la Faculté de droit de l'Université de Toronto.

    Nous agirons en coopération avec les trois centres mexicains, ceux de Mexico, de Guadalajara et de San Miguel de Allende. Le point d'orgue de cette mission sera un événement public organisé par Jennifer Clement, la présidente de PEN-Mexique, et ses collègues. Toute la délégation y participera, mais aussi une cinquantaine d'écrivains mexicains, le dimanche 29 janvier. 

    Une lettre de solidarité a été rédigée et adressée aux écrivains du Mexique. J'espère que vous la signerez tous. Elle vous est adressée dans un courrier distinct.   

    Il ne s'agit pas d'une délégation d'experts. C'est une délégation d'écrivains qui élèvent publiquement leur voix. Ce que nous ferons et ce que nous dirons vous sera vite communiqué afin que vous répercutiez la chose dans votre propre pays.

    Tout cela fait partie d'une intense campagne mexicaine. Récemment, à l'occasion du Jour des Morts, à l'initiative de Jens Lohman du PEN danois et de Tony Cohan, du PEN de San Miguel, on a manifesté l'inquiétude des membres du PEN au sujet des menaces auxquelles font face les journalistes mexicains. Nous espérons que cette nouvelle initiative au Mexique fera progresser notre campagne.
    -  -  -  -
    Bon nombre d'entre vous envoyez déjà du matériel pour le nouveau site Web. C'est bien là ce dont nous avons besoin: que les Centres partout au monde racontent aux membres du PEN ce qu'ils font et les risques auxquels ils font face. Merci d'apporter votre appui à cet outil important.
    -  -  -  - 
    En conclusion, ces dernières semaines ont été à la fois émouvantes et historiquement importantes pour les écrivains tchèques et pour la foi que nous partageons tous en la liberté d'expression. D'abord, notre ancien président, Jiří Gruša, l'un des écrivains leaders de la dissidence pendant l'après-guerre, est mort. Puis Václav Havel dont on a beaucoup parlé à travers le monde. Et puis Ivan Jirous, dont Paul Wilson disait qu'il était 'le leader de l'opposition culturelle'. Jirous était poète, essayiste et meneur du groupe rock psychédélique Plastic People of the Universe. C'est la lutte pour le faire libérer de prison qui a en bonne partie inspiré la Charte des 77. Et finalement Josef Škvorecký est mort, un autre grand écrivain et leader dissident. En exil à Toronto, il a créé les éditions 68 Publishers en 1971; pendant deux décennies il a publié des écrivains tchèques et slovaques bannis dans leur pays. Ces livres retournaient ensuite clandestinement en Tchécoslovaquie. Il y a bien sûr bien d'autres écrivains qui sont disparus, mais quand quatre auteurs courageux et inspirés meurent presque simultanément, il me semble qu'il faut marquer l'importance du moment pour tous les membres du PEN.

    Bien chaleureusement


    John Ralston Saul




    La lettre mensuelle (décembre) de John Ralston Saul aux membres de PEN

    Chers membres du PEN, chères amies, chers amis,

    Au cours du mois dernier, j'ai eu l'occasion de passer du temps avec les membres d'une vingtaine de nos Centres en Afrique et en Europe: une réunion à Dakar du réseau africain du PEN, le PEN African Network, (PAN); quatre jours avec le Centre PEN du Sierra Leone; un Forum pour la Liberté d'expression et l'accueil des écrivains (Forum of Freedom of Expression and Guest Writers) à Stockholm; et enfin j'ai discuté à Milan avec Franca Tiberto du PEN suisse italien et réto-romanche et avec Sebastiano Grasso du PEN italien.

    Les moments les plus émouvants de ce périple sont sans doute venus en Sierra Leone, un pays qui cherche à se redresser après une terrible période de violence et de destruction. Il y a un Centre PEN très fort à Freetown, très engagé, avec d'autres centres PEN africains, dans des projets qu'on appelle PEN School Clubs, soit des programmes de lecture et de création littéraire dans les écoles. Le PEN de Sierra Leone a ainsi 40 programmes dans des écoles partout au pays.

    J'avais toujours présumé qu'il s'agissait là de programmes intéressants, mais je dois avouer que je les liais autant à l'alphabétisation qu'à la littérature. Je réalise maintenant qu'il s'agit de littérature, de créativité, de confiance en soi, de communication orale et de liberté d'expression. Ce sont des élèves qui écrivent des textes créatifs et qui lisent de la littérature. Ce sont des adolescents du niveau secondaire. Ils ont beau avoir de beaux uniformes propres, la plupart vivent dans des circonstances qui pourraient les empêcher d'avoir accès à l'enseignement supérieur et à l'université ou même à la profession d'écrivain ou au rôle de citoyen qui s'exprime en public et témoigne de ses idées. Les programmes scolaires du PEN leur donnent un avantage additionnel – le pouvoir et la dignité de l'imagination libérée d'une manière formelle. Cela leur permet d'épanouir leur enthousiasme et de développer la force d'une expression publique.

    À plusieurs heures de route de Freetown, je suis allé avec Mohamed Sheriff (le président du PEN de Sierra Leone), Nathaniel Pearce (le chef du programme de lecture) et Allieu Kamara (le secrétaire du PEN de Sierra Leone) à l'école pour jeunes filles Our Lady of Guadalupe. Des centaines d'adolescentes se bousculaient littéralement pour présenter leur pièce de théâtre, lire leurs poèmes ou leurs histoires.  Lors de deux événements à Freetowm, j'ai eu de longues conversations avec des élèves et je les ai entendus lire des poèmes sur la violence et sur la vie d'un enfant dans la rue.

    Tout cela, c'est PEN qui fait son travail sur le terrain dans le vrai monde. Pour dire franchement, des programmes comme celui-là seraient utiles dans la plupart de nos pays.

    Oui, bien sûr, PEN, ce sont des écrivains établis et reconnus qui sont des exemples de littérature et de liberté d'expression. Mais il y a des milliers de nos membres qui représentent la liberté d'expression sans la protection d'une langue de grande importance qui profite d'un système de publication bien implanté. Plusieurs des écrivains que nous cherchons à protéger sont inconnus et ne sont pas publiés pour des raisons politiques ou économiques. Et, sous-jacent  à tout cela, il y a le véritable fondement de la littérature et de la liberté d'expression: un ensemble de citoyens qui sont engagés, qui lisent, qui écrivent et qui parlent à voix haute.

    -      -      -

    Il y avait une dizaine de PENs représentés à la réunion du PAN à Dakar, à l'invitation du PEN Sénégal . De fascinantes discussions ont eu lieu sur la manière pour le PAN de s'organiser. Abdul-Rahman Harruna Attah a été confirmé au secrétariat général; son prédécesseur, Mohamed Magani, est revenu en tant que président d'un nouveau Comité de sept membres. On a proposé la mise en place de structures provisoires et Harruna s'affaire à obtenir un consensus de la part des membres du PAN.

    Après la réunion du PAN au Caire, il y a un an, c'était un nouveau rappel de la force de nos centres africains. Et on perçoit la volonté ferme d'en créer d'autres.

    -      -      -

    À Stockholm, j'ai assisté à une réunion du Swedish Arts Council où les centres PEN nordiques étaient présents, tout comme ICORN (International Cities of Refuge Network) et divers représentants d'autorités locales. On voulait convaincre un plus grand nombre de villes d'offrir un accueil pour des écrivains qui ne peuvent vivre dans leur propre pays. Il y a eu de bonnes discussions sur la façon de travailler avec ces écrivains invités pour les aider à se construire une vie acceptable dans un pays qui n'est pas le leur.

    Le PEN suédois a aussi publié une déclaration sur la responsabilité des entreprises de communication digitale au moment de vendre leur technologie à des régimes comme ceux du Bélarus et de la Syrie. Cela correspond au travail de définition des politiques entamé par notre Comité des droits digitaux et j'ai profité de cette occasion pour parler de ce problème croissant.

    Une fois en Suède, j'ai aussi eu le privilège d'une fructueuse discussion au sujet du PEN avec l'ancien président international, Per Wästberg et, par ailleurs, avec l'ancien président du WIPC/CODEP, Thomas von Vegesack.

    -      -      -

    Je vous fais mes meilleurs vœux à l'occasion du début de la Nouvelle Année du calendrier romain!



    La lettre mensuelle (novembre) de John Ralston Saul aux membres de PEN

    Chères amies, chers amis,

    Il y a seize ans aujourd'hui, notre collègue Ken Saro-Wiwa a été pendu par les autorités nigériennes parce qu'il n'avait pas cessé d'écrire, parce qu'il n'avait pas cessé de parler. J'étais dans le sud de la Tunisie avec un groupe d'écrivains et de cinéastes quand j'ai appris l'horrible nouvelle. Nous sommes plusieurs à garder de cette journée-là un souvenir bien précis, comme d'une amère honte.

    PEN avait beaucoup œuvré pour défendre la liberté de Ken Saro-Wiwa, pour défendre sa vie. Et nous avons échoué. C'est cet échec que nous ressentions.

    Toute cette existence faite de littérature et d'expression libre à laquelle nous participons, ça n'a jamais été une chose facile, une sorte de démarche respectable entre gentlemen. Il y a toujours eu un aspect dur et risqué qui y était lié. Il arrive que ces risques ne soient rien d'autre que financiers, ou une aliénation sociale, ou bien la recherche difficile d'un public de lecteurs. Il arrive cependant parfois que ces risques impliquent l'emprisonnement, l'exil, la mort. Dans le cas de Ken Saro-Wiwa, tous ces aspects de ces risques ont joué. Nous nous trouvions devant un cas qui nous rappelait terriblement qu'on peut avoir du talent, jouir d'une grande notoriété et avoir raison; et pourtant un gouvernement autoritaire et médiocre peut vous pendre, puis mutiler votre corps.

    Chaque fois que je pense à l'une de nos campagnes, le souvenir de Ken Saro-Wiwa me revient à l'esprit. Il faut que nous menions notre action avec un souci d'équilibre entre notre détermination et notre sollicitude. Ce peut être une affaire de vie ou de mort.

    Le Mexique offre un exemple de cette complexité et je sais que plusieurs parmi vous ont participé à notre campagne du Jour des Morts le deux novembre. Et il y a bien d'autres exemples que je pourrais citer. Pensons au Dawit Isaak, dont la vie est en péril à Érythrée.

    - - - - - - 

    En octobre, la Foire du Livre de Francfort nous a offert une très bonne occasion d'expliquer notre action. J'avais eu quelques mois plus tôt une conversation avec le Directeur de la Foire, Juergen Boss, et PEN International a pour la première fois été invité à y être. Laura McVeigh et Ali Nihat sont venues avec moi et nous avons participé à plusieurs événements. Premièrement, comme le PEN allemand y a toujours un kiosque, j'ai pu me joindre a leur Président, Johano Strasser et leur Secrétaire général, Herbert Wiesner, lors de leur conférence de presse annuelle, qui portait cette année sur l'éditeur égyptien Mohamed Hashem, le récipiendaire du prix Hermann Kesten pour 2011.

    Nous avons aussi procédé au lancement en grandes pompes au Weltempfang – le nouveau Centre pour la politique, la littérature et la traduction de Francfort – du Cercle PEN international des Éditeurs.

    Cet événement public a inclus Eva Bonnier, présidente de l'Association suédoise des éditeurs, Ronald Blunden, vice-président de Hachette Livre et Anders Heger, président du PEN Norvège en représentation  des éditeurs norvégiens. J'ai présidé la séance dont le titre était Libérer la parole. Temps de transition. Plusieurs Centres PEN étaient représentés, comme par exemple le Centre ouïgour par Kaiser ÖzHun et Kaitlin Kaldmann, du PEN Estonie, et un public nombreux.

    Le lendemain, nous nous sommes réunis avec succès avec les membres du Cercle des Éditeurs pour discuter de ses activités. Il s'agit pour l'instant de nous appliquer à appuyer l'édition dans certains pays où elle connait des difficultés. Grace à l’initiative de nos Centres PEN en Norvège, Suède, Finlande et Canada, le Cercle a maintenant quatorze membres. En plus des fondateurs internationaux – Hachette Livre, Penguin Group et Random House – il s'agit de Gyldendal Norsk Forlag (Norvège), Aschehoug forlag (Norvège), Cappelen Damm (Norvège) Albert Bonnier Forlag (Suède), KF Media AB/Norstat (Suède), De Oberoende (Suède), Natur & Kultur (Suède), Söderström  förlag (Finlande), House of Anansi Press (Canada), Douglas & McIntyre (Canada) et Harper Collins (Canada). Notre but est d'en arriver à rassembler de 30 à 35 membres. L'un des résultats pratiques de cet effort est que nous augmentons le pourcentage des fonds non affectés de notre budget.

    La Foire du Livre m'a aussi demandé de donner, au nom du PEN, le discours d'inauguration du Weltempfang. Le rapport en est donné sur notre nouveau site Internet.

    Nous discutons déjà d'un rôle annuel pour PEN à la Foire du Livre de Francfort. Il s'agit ainsi pour nous de diffuser notre message auprès d'un public élargi. Je tiens à ajouter que l’Islande était le pays invité d'honneur cette année. Sjón et de nombreux membres du PEN islandais étaient à l'honneur.

    Au plan  pratique, le groupe sur les Médias digitaux et les Communications présidé par Hori Takeaki, et composé de Marian Botsford Fraser et de Margie Orford a commencé son travail. Le groupe d'Eric Lax sur les réformes de structure a d'    ores et déjà reçu des suggestions écrites de quelques uns d'entre vous.

    Acceptez mes chaleureuses salutations

    John Ralston Saul




    La lettre mensuelle (Octobre) de John Ralston Saul aux membres de PEN

    Chères amies, chers amis, chers membres du PEN,

        Ceux et celles parmi vous qui étiez à Belgrade ont disposé d'un peu de temps pour rendre compte de l'événement à vos membres. Et chacune et chacun d'entre vous a reçu un sommaire préliminaire de la part de notre directrice exécutive, Laura McVeigh – une initiative fort louable. La version finale des résolutions ont aussi été distribuées, cela aussi accorde une importance à la nécessité d'acheminer rapidement les documents qui demandent une action. Il faut en remercier le Comité de défense des écrivains persécutés, CODEPWIPC.

    Le Congrès a été couronné de succès grâce au formidable travail accompli par le PEN de Serbie. Pour ceux et celles parmi vous absents de Belgrade, voici quelques grandes lignes de ce qui s'est passé:

    •    près de 90 centres ont envoyé des délégués, maintenant par là le haut niveau de participation connu à Tokyo. Arriverons-nous à une représentation de 100 centres à Séoul? Une façon d'y arriver serait de réaliser de plus nombreux jumelages de centres.
     
    •    la représentation régionale a été importante, sauf pour l'Amérique latine. Il faudra s'appiquer à résoudre ce problème.

    •    L'intention était que le Congrès de Belgrade s'applique principalement à la réconciliation des Balkans, et c'est bien le sentiment qui a prévalu. Lors d"une réunion très émouvante, un réseau des Balkans formé de 13 centres PEN a été créé. Ce message de réconciliation est bien sûr très important pour les Balkans, mais aussi pour d'autres régions du monde qui connaissent des divisions.

    •    L'Assemblée des délégués a clairement demandé une réforme des structures du PEN. Je suis enthousiaste à ce sujet et je tiens à ajouter que nous avons besoin de sérieux changements quant à l'organisation de l'Assemblée elle-même.

    Immédiatement après l'Assemblée, une réunion de réflexion du Board et des présidents des Comités a eu lieu. Nous avons établi un petit comité présidé par Eric Lax afin de lancer une consultation auprès de vous tous au sujet des réformes structurelles et d'en faire des recommandations. L'exécutif et Laura vont étudier la question de la structure des assemblées. Toutes les suggestions seront les bienvenues.

    •    Le Manifeste de Gérone est dorénavant partie intégrante de la politique du PEN International. Je le considère comme notre propre Charte des Droits linguistiques. En collaboration avec le Comité de la Traduction et des Droits linguistiques nous devons développer des politiques qui donnent une véritable assise au Manifeste.

    •    Le Comité sur la Paix a présenté ce qui est à toute fin pratique sa charte, son mode d'opération. Cela aussi a été approuvé par l'Assemblée.

    •    Une attention toute particulière a été donnée à la terrible situation qui prévaut au Mexique. Le Jour des Morts – le 2 novembre – il y aura un geste global de la part de PEN. Si vous n'êtes pas encore au courant, ça ne devrait pas tarder.  

    •    Le Board a décidé que les RAN (les notices urgentes du 'rapid action network') qui jusqu'ici étaient distribuées exclusivement aux Centres qui ont un CODEPWIPCA  iraient dorénavant à tous les Centres. Nous partageons tous une préoccupation quant au sort des écrivains.

    •    Des suggestions fort intéressantes ont été faites lors d'une discussion initiale de l'Assemblée sur le futur du PEN, visant à développer d'une manière urgente une stratégie du PEN International sur l'effet des nouvelles technologies sur la liberté d'expression. Nous n'avons pas eu le temps de soulever cette question lors de la réunion de réflexion du Board, mais l'exécutif a mis en place un comité de trois personnes, présidé par Hori Takeaki et qui inclut Marian Botsford Fraser. Nous souhaitons le plus rapidement possible ajouter un troisième membre à ce comité. Merci de vos suggestions. Le comité va rassembler l'information et faire des recommandations au Board. Nous espérons bien présenter une stratégie claire lors du prochain Congrès.

    •    Quant à la présence de nouveaux visages au Congrès, le PEN du Brésil, heureux de mettre l'épaule à la roue,  a été présent pour la première fois depuis des années. Le Centre a offert son assistance en Amérique latine. Le PEN Haïti était aussi présent et enthousiaste quant à son propre développement.

    Le Centre PEN Chinois (Beijing) était présent pour la première fois depuis le Congrès de Berlin. Cela a permis de percevoir des différences d'opinion claires quant à la situation en Chine. Les vues du Centre n'étaient pas partagées par les autres délégués. Dans une initiative sans précédent, l'Assemblée, lors de son ouverture, sur proposition du PEN Serbie, secondée par PEN Japon, a félicité Margo Vargas Llosa et Liu Xiaobo de leur prix Nobel respectif et a demandé la libération de Liu Xiaobo et de sa femme Liu Xia. Cette proposition a été approuvée à l'unanimité. Plus tard, une résolution détaillée du CODEP/WIPC  sur les écrivains emprisonnée en Chine a été approuvée sans objection.


    Cette discussion sur la situation en Chine n'a bien sûr pas été facile pour les délégués. Mais le fait est que le Centre PEN Chine (Beijing) était présent; ses délégués ont pu s'exprimer; les délégués du Centre PEN chine indépendant et de plusieurs autres Centres ont pu leur donner la réplique; la position du PEN International a été confirmée à nouveau par l'Assemblée; de nombreux délégués en ont profité pour discuter longuement avec le Centre qui était de retour.

    Tout cela a bien démontré les valeurs de notre Charte. Nous favorisons une liberté d'expression sans frontière. Nous appuyons aussi le dialogue et le rapprochement entre les gens. Et notre position claire ainsi que nos convictions quant à la nécessité du dialogue militent toutes en faveur de la libération des écrivains en Chine.

    Immédiatement après le Congrès le Board, les présidents des Comités et les cadres  supérieurs ont eu une réunion de réflexion à Novi Sad. Pour une fois, nous avons pu converser sans les inconvénients de lignes téléphoniques déficientes. Mohamed Magani nous a manqué, lui qui venait tout juste de se retirer. Nous avons accueilli à nouveau Yang Liang, qui a été réélu à Belgrade, et nous avons souhaité la bienvenue à Sylvestre Clancier élu par L'Assemblée. Npus avons réalisé beaucoup de travail en 24 heures et nous espérons répéter l'expérience à la fin du printemps ou au début de l'été prochains.

    Immédiatement après la réunion de réflexion, je me suis rendu à la foire du livre de Götenborg  afin d'assister à une cérémonie sans précédent – le 10e anniversaire de l'emprisonnement en Érythrée de Dawit Isaak et de ses collègues, dont plusieurs ont péri dans ce qu'il faut appeler un camp de la mort. En compagnie de deux récipiendaires du Prix Nobel – notre ancien président Mario Vargas Llosa et Herta Müller –. de Peter Englund, le secrétaire permanent de^l'Académie suédoise et d'Ola Larsmo, président du PEN suédois, nous avons lancé une nouvelle campagne pour l'Érythrée. J'ai ensuite eu une rencontre avec des éditeurs suédois qui se sont joints  au Cercle du PEN international des éditeurs, puis avec des éditeurs finlandais qui, nous l,espérons, se joindront au Cercle.

    Et point final! Cette lettre est bien longue, mais bien des choses s'étaient passées...

    Je vous réitère mes salutations les plus amicales,

    John



    La lettre mensuelle (septembre) de John Ralston Saul aux membres de PEN

    Dear friends,

    I write this monthly letter from Tunis, where PEN Tunisia is rebuilding itself after the fall of the dictatorship. Naziha Rjiba, President of the Centre and Sihem Bensedrine, Secretary General, took terrible risks during Ben Ali’s time and suffered a great deal. The situation remains complex and fragile, but they are working hard to build and solidify the role of literature and freedom of expression. They used my visit to call a public meeting of writers in order to get them involved in PEN. It was fascinating and successful.

    This weekend and next week several hundred of us will gather in Belgrade for the 77th International Congress. You could call it the Congress of reconciliation, with all the Balkan Centres taking an active part. And, of course, Serbian PEN has been caught up in the enormous effort these Congresses require.

    For the second year our work to find support for Centres to attend has been maintained with La Francophonie and the Commonwealth Foundation taking part. Thanks to Frank Geary, UNESCO has now joined the group, as well as some individual Centres supporting other Centres with whom they have close relations. We should really try to do more of this.

    Two weeks ago I was at the annual meeting of Italian PEN and its annual PEN Prize. With its President, Sebastiano Grasso, PEN Italia is now in a new period of growth and creativity.

    After Belgrade, I will go to the Göteborg Book Fair with Swedish PEN to draw attention to the situation of Dawit Isaac and other Eritrean writers. The conditions for the writers in their prison camp are terrible and many of them have already died.  We need to keep pushing for the release of the survivors as hard as we can. The longer they are there the more likely it is that they will die.

    We have also organized a number of meetings at the book fair with Nordic publishers to talk with them about joining our PEN International Publishers Circle.

    Laura McVeigh is settling in as Executive Director and is already in the midst of several initiatives. She will tell you about them in Belgrade.

    Finally, please do think about the opening session of our Congress when we will discuss the future direction of PEN.

    Best wishes to all of you and to those of you who are coming, I look forward to seeing you in Belgrade.

    John Ralston Saul





    La lettre mensuelle (août) de John Ralston Saul aux membres de PEN

    Dear Friends,

    A number of PEN Centres have asked me to write a monthly letter to our members. This is one small part of our eternal challenge – how are 20,000 writers in more than 100 countries to keep in touch with each other?  We all hope that this will be helped by our new website which we will be showing to you in Belgrade. Of course, it will still be in a very preliminary form, but this means you will be able to give feedback.

    I started this monthly letter last month with a message introducing The Girona Manifesto. I would be grateful if you would forward these monthly letters onto your membership. And please write back with any comments, questions or suggestions.

    August is going to be a month of administrative change, with Laura McVeigh arriving as our new Executive Director. Those of you who come to Belgrade will have a good chance to get to know her.

    It is also a time when we are solidifying some new structures – our PEN International Publishers Circle is growing and giving us new ways to work with our community and new ways to raise funds. Leading Norwegian publishers, with the support of Norwegian PEN, have already joined the initial group. I was in Stockholm last month to talk with Swedish publishers thanks to our Swedish PEN Centre. We will soon launch a PEN International Writers Circle. One immediate result of all of this is that our budget is better balanced at mid-year than it has been for a long time. This is also because Eric Lax, Sara Whyatt and Frank Geary have worked very hard at trimming the budget and solidifying existing funds over the last year.

    PEN International is going to take part in the Frankfurt Book Fair this autumn for the first time, along with our German Centre, which is there every year. I will also go to the Göteborg Book Fair just after our Belgrade Congress.

    In July, I spent time separately with the leaders of UNESCO, the Council of Europe and La Francophonie, all aimed at developing new programs for PEN’s work for literature and freedom of expression. During that time, Hori Takeaki was in Mongolia for PEN’s Ural- Altay network annual conference and Marian Bostford Fraser took part in a delegation to China organized by American PEN.

    Many of you will have read about the report on the situation in Mexico put out by Canadian PEN in June. I am continuing to work on drawing attention to this and hope to go to Mexico later in the autumn. I will also be going to a meeting in Addis Ababa organized by Ethiopian PEN.

    Finally, October the 24th will be the 90th Anniversary of the creation of PEN International. I hope that all of you will think about ways in which this can be celebrated, drawing attention to our work for literature and freedom of expression.

    Best wishes,

    John Ralston Saul




    La lettre mensuelle (juillet) de John Ralston Saul aux membres de PEN

    Chères amies, chers amis,
    il y a quelques semaines, tous les centres du PEN ont reçu un message de la part du Comité de la traduction et des droits linguistiques, rendant compte du Manifeste de Gérone. Je donne suite à cet envoi pour souligner à quel point je considère cette initiative importante.

    Il y a exactement quinze ans ce même comité a mené une coalition d'organismes civils et d'organisations internationales dans l'élaboration de la Déclaration Universelle des Droits Linguistiques. Ce document touffu et complexe a été approuvé lors d'une Assemblée annuelle des délégués du PEN et en est venu à jouer un rôle important auprès des spécialistes partout à travers le monde. Mais il manquait une version courte et claire du document, un Manifeste qui présente les éléments essentiels de la Déclaration et qui puisse être utilisé par tout un chacun.

    Le Manifeste de Gérone, c'est justement cela. En une page, réunissant dix points en une langue à la fois littéraire et accessible, ce Manifeste devient pour nous tous un outil pratique.

    La prochaine Assemblée des délégués, à Belgrade, sera, bien sûr appelée à approuver ce document. Mais je croyais utile d'explorer un contexte dans lequel on puisse le lire.

    Nous sommes tous préoccupés des pressions exercées sur les langues qui ont une faible population de locuteurs natifs. Nous sommes tous conscients du petit nombre de traductions qui existent de ces langues et par la difficulté à laquelle elles font face pour être entendues et lues dans le monde. Bien des langues sont en danger. Il y en a plusieurs qui disparaissent. La perte d'une langue et, par le fait même, d'une grande partie de la culture de certains groupes, peut être perçue comme la privation ultime de la liberté d'expression.

    Le Comité de la traduction et des droits linguistiques a procédé à la rédaction de ce Manifeste dans nos trois langues officielles après sa réunion de 2010.

    C'est à sa réunion de 2011, à laquelle le secrétaire international Hori Takeaki et moi-même étions présents, que tous les participants ont passé une bonne partie de leur temps à commenter ce court texte dans trois langues. Et le Manifeste de Gérone a ainsi été adopté à l'unanimité.

    Ce Manifeste pourrait nous fournir un document public clair avec lequel défendre et faire progresser les langues aux locuteurs natifs peu nombreux, tout autant que les langues en péril.

    Je vous encourage tous à lire ce document, à le traduire dans vos propres langues avant la réunion de Belgrade et à réfléchir au meilleur usage que nous pourrions en faire pour promouvoir la multiplicité des langues et des cultures que le PEN International représente.

    Acceptez mes amicales salutations,

    John Ralston Saul







    L'histoire du PEN International


    'In time of division between countries, International PEN is one of the rare institutions to keep a bridge constantly open' - Mario Vargas Llosa


    Originally founded in 1921 to promote literature, today International PEN has 145 Centres in 104 countries across the globe. It recognises that literature is essential to understanding and engaging with other worlds; if you can't hear the voice of another culture how can you understand it?

    Our primary goal is to engage with, and empower, societies and communities across cultures and languages, through reading and writing. We believe that writers can play a crucial role in changing and developing civil society. We do this through the promotion of literature, international campaigning on issues such as translation and freedom of expression and improving access to literature at international, regional and national levels.

    Our membership is open to all published writers who subscribe to the PEN Charter regardless of nationality, language, race, colour or religion. International PEN is a non-political organisation and has special consultative status at UNESCO and the United Nations.





    DISCOURS / ÉCRITURES


    Discours d ouverture - Réunion de le Réseau africain du PEN (PAN) - Dakar, Senegal


    La Suite >

    International President’s Opening Ceremony Speec


    La Suite >

    Discours d ouverture - 77 Congress de PEN International Belgrado, Serbia


    La Suite >

    John Ralston Saul - Discours à PEN Protesta - Mexico City


    English, French, Spanish,

    Article in the Globe and Mail, in memory of George


    La Suite >
Haut de page ▲
© 2010 John Ralston Saul. All Rights Reserved.